Les Bourses européennes ont clôturé la dernière séance de la semaine en territoire positif, portées par des signes de détente entre les Etats-Unis et l'Iran. Le haut conseiller du président des Émirats arabes unis, Anwar Gargash, a estimé ce vendredi à "50-50" les chances pour les deux camps de trouver un accord visant à débloquer le détroit d'Ormuz. Le CAC 40 a rebondi de 0,37% atteignant la barre de plus de 8 100 points : 8 115,75. Sur l'ensemble de la semaine, l'indice phare parisien aura porté ses gains à 2,05%, son premier gain hebdomadaire depuis la mi-avril. L'Eurostoxx 50 s'est adjugé 1,11% à 6 026,67 points. Le Dax s'est démarqué avec un gain de 1,31%.
A Wall Street, les indices américains suivent la même tendance. Le Dow Jones gagne 0,85%, vers 17h45.
Les sites de suivi du trafic maritime ont recensé 35 passages de navires dans le détroit d'Ormuz au cours des 24 dernières heures. Ces chiffres pourraient accroître l'idée selon laquelle l'Iran a atténué la circulation sous réserve "des autorisations obtenues et en coordination" avec Téhéran.
Sur l'évolution du conflit au Moyen-Orient qui est entré dans son 84ème jour, selon le Financial Times, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a évoqué "de bons signes" quant à la conclusion d'un accord entre Washington et Téhéran.
Une équipe de négociation qatarie est arrivée ce vendredi dans la capitale iranienne afin de trouver un accord en coordination avec les États-Unis visant à mettre un terme à la guerre avec l'Iran, a déclaré vendredi à Reuters une source proche du dossier.
Rubio a blâmé, en outre, hier les pays de l'Otan qui "refusent de faire quoi que ce soit" en soutien aux États-Unis dans ce conflit. Il a espoir que la visite attendue du chef de l'armée pakistanaise en Iran fasse avancer les efforts diplomatiques en vue de trouver une issue favorable à cette guerre américano-iranienne.
Uranium, sujet de friction entre USA et Iran
Pour le moment, on est encore éloigné d'un accord pour instaurer une paix durable. Les deux pays maintiennent chacun leur position au sujet notamment des stocks d'uranium de Téhéran et du contrôle du détroit d'Ormuz.
L'Union européenne a ouvert la voie ce vendredi à des sanctions contre des personnes ou entités en Iran qui bloquent le détroit d'Ormuz. Parmi les sanctions éventuelles : des interdictions de voyager dans l'UE, ou d'y transiter et un gel des avoirs.
L'uranium est un des points d'achoppement entre Américains et Iraniens. Donald Trump a déclaré que les États-Unis achèveraient par récupérer les stocks de cette matière première hautement enrichie de l'Iran. Washington redoute qu'ils soient destinés à la confection d'une arme nucléaire ce qu'infirme Téhéran qui met en avant un usage civil.
De son côté, le guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, a toutefois ordonné de ne pas exporter l'uranium, ont déclaré deux sources iraniennes de haut rang à Reuters avant que Trump ne tienne ces propos.
Le locataire de la Maison Blanche a également vivement critiqué Téhéran sur son intention d'imposer des droits de passage pour l'utilisation du détroit d'Ormuz, au large de ses côtes, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux avant le début de la guerre en Iran.
Dans ce contexte géopolitique pourtant très lourd, les cours du pétrole continuent de baisser. Vers 17h45, le Brent perd 1,15% à 103,71 dollars. Le WTI, l'équivalent américain, cède 0,86% à 97,17 USD.
Le marché pétrolier pourrait entrer dans une "zone rouge", avec une pénurie d'offre en "juillet ou en août", en l'absence d'issue durable au conflit au Moyen-Orient, a averti hier le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol.
"Le choc d'offre énergétique aura un impact croissant : plus il est d'ampleur importante et plus il dure. Or, il dure et son ampleur pourrait augmenter de façon non linéaire si les flux de pétrole ne commencent pas à se normaliser dans les prochaines semaines", fait savoir sur ce point, Xavier Chapard, adjoint au directeur de la recherche chez LBP AM.
Dans l'actualité des sociétés cotées, Compagnie des Alpes ( 4,17%) s'est distinguée à Paris. Le groupe a publié hier soir des résultats au premier semestre de son exercice comptable 2025/26 en progression. Ils sont soutenus par la bonne dynamique des domaines skiables et une amélioration de la marge opérationnelle. Le résultat net part de 145 millions d'euros est en hausse de 7,7% sur un an. Le chiffre d'affaires consolidé progresse de 3,9% à 883 MEUR, Le spécialiste des loisirs a aussi confirmé viser une croissance de son Excédent Brut Opérationnel (l'équivalent de l'EBITDA) proche de 10% sur l'ensemble de l'exercice.
Stellantis s'est apprécié de 3,19%. Le groupe a dévoilé le volet financier de son plan stratégique et prévoit notamment que son chiffre d'affaires passe de 125 à 190 MdsEUR entre 2025 et 2030. A l'horizon 2030, la marge opérationnelle ajustée devrait s'élever à 7%, avec "des améliorations significatives à court terme".
En Europe, Richemont (-0,57%) a reculé alors que le géant du luxe suisse a délivré des résultats solides annuels sur l'exercice 2025/2026. Sur les 12 mois clos fin mars, le numéro deux mondial du secteur a vu son chiffre d'affaires progresser de 5% à 22,4 MdsEUR à taux de change réels, dépassant les attentes des analystes qui tablaient sur 22,3 Mds. Le résultat d'exploitation courant s'inscrit en hausse de 1% en données réelles, mais grimpe de 23% à taux de change constants. La marge ressort ainsi à 20%, s'avérant toutefois inférieure aux 20,4% envisagés par les analystes.
En outre, Puig (-13,38%) a été l'autre valeur du luxe à s'être repliée ce vendredi. Le commerçant espagnol de produits de beauté, de soins personnels et de parfumerie haut de gamme a chuté après avoir mis fin hier soir à des discussions avec Estée Lauder, le géant américain des cosmétiques sur un possible rapprochement. Les deux groupes avaient ouverts des discussions depuis mars autour d'une fusion qui aurait donné naissance à l'un des plus grands groupes de beauté premium au monde. Dans leurs communiqués respectifs, les deux entreprises ont adopté un ton similaire. Elles ont confiance en leur capacité à avancer seuls. Estée Lauder affirme vouloir rester concentré sur son plan de transformation "Beauty Reimagined", tandis que Puig insiste sur la solidité de sa stratégie, de sa croissance et de son bilan.
Le groupe espagnol a surtout cherché à rassurer sur la continuité de sa trajectoire. Le directeur général José Manuel Albesa a rappelé que le groupe avait respecté ses objectifs depuis son introduction en Bourse, avec une amélioration des marges et un renforcement du bilan.
Cette semaine, Nvidia était la valeur phare aux Etats-Unis. Le géant des semi-conducteurs a dévoilé mercredi soir ses revenus du premier trimestre de l'exercice 2026-2027. Il a aussi délivré un message clair : ne plus dépendre uniquement des hyperscalers et s'inscrire désormais dans une diversification plus large de ses débouchés. Comme à son habitude, la multinationale américaine a publié des résultats largement supérieurs aux attentes sur ce trimestre. Elle a notamment enregistré un chiffre d'affaires de 81,6 MdsUSD devançant le consensus de 78,8 Mds.
Côté statistiques, l'indicateur synthétique du climat des affaires en France, calculé par l'INSEE à partir des réponses des chefs d'entreprise des principaux secteurs d'activité marchands, reste stable à 94 en mai, en deçà de son niveau moyen de 100. Par secteur d'activité, le climat des affaires se dégrade nettement dans le commerce de détail et plus légèrement dans les services. Il s'améliore un peu dans le bâtiment et le commerce de gros, et plus nettement dans l'industrie.
En Allemagne, l'indice Ifo du climat des affaires s'est amélioré au mois de mai. Il est passé de 84,4 à 84,9 points, alors que les analystes tablaient sur une baisse à 84,2 points.
Toujours en Allemagne, Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,3% au premier trimestre 2026 par rapport au quatrième trimestre 2025, selon les données ajustées des variations de prix ainsi que des effets saisonniers et calendaires publiées par Destatis, qui confirme ainsi en seconde lecture son estimation préliminaire du 30 avril dernier. "À la suite de la légère augmentation enregistrée vers la fin de 2025, l'économie allemande a également commencé 2026 en territoire positif", salue Ruth Brand, présidente de l'Office fédéral de statistiques, qui souligne en particulier une forte contribution des exportations.
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